Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 15:14

QUE L'HOMME SE GARDE D'USER CE QUE LA NATURE LUI A DONNÉ PAR UN USAGE IMMODÉRÉ EXCESSIF.
Tchouang Tseu, 2e grand penseur taoïste, IV av J.-C.

L'art d'arrêter la lance

 

Les véritables arts martiaux ne peuvent être confondus avec de simples sports de combat ou ne prévalent que techniques et forces musculaire.

Souvent, un signe, un symbole, exprime plus qu'un long discours. Les idéogrammes pour désigner l'art martial sont identiques en Chine et au Japon. Seule la prononciation diffère: les chinois disent Wu-Shu, les Japonais Bu-Jutsu.

"Art martial" ou "art de combat" est une traduction qui trahit un peu l'esprit de l'idéogramme originel qui se décompose en deux caractères: "arrêter" et la "lance", l'art martial prend ainsi toute sa signification.

Dans le principe de l'art et de ces vertus, ce sens peut s'interpréter de deux façons: arrêter la lance de l'adversaire mais aussi sa propre lance. Pacification et harmonie.

L'art et la voie

 

Dans les civilisations anciennes, dont il existe encore des témoignages, les arts traditionnels débouchent sur une voie qui permet à l'homme, au prix d'un apprentissage long et difficile, d'approfondir son expérience de la réalité et de lui-même. peu à peu il découvre les principes qui régissent les forces et énergies subtiles de la vie, et, il apprend que sa voie dépend de ce qu'il peut maîtriser de ce qu'il est. Son travail extérieur devient le support d'une métamorphose intérieur.

Ceci est à l'origine d'une confusion qui nous fait croire que le "kung fu" est la boxe chinoise.    Pour désigner l'art du combat à main nue les Chinois disent "Chuan Shu ou l'art du poing.      Kung fu exprime quant à lui l'effort conscient, l'entrainement persévérant en vue de réaliser une œuvre d'art ou de parvenir à la maîtrise de soi.

La confusion provient donc des rapports étroits qui existent en Chine entre les Arts martiaux et l'accomplissement de l'être humain.

Ce terme est arrivé chez nous avec la filmographie des arts martiaux chinois des années 70 (Bruce Lee notamment) et dés lors le "kung fu" a été mal compris et mal traduit restant attaché uniquement à la pratique martial à tel point qu'il en ait devenu le générique.

Donc, le véritable sens de kung fu sert à exprimer le niveau d'une personne dans n'importe quel domaine.

Pour dire qu'un calligraphe exécute un travail de qualité, les Chinois disent que son kung fu est très avancé.

Au Japon, il existe la voie de la calligraphie (Sho Do), celle de la cérémonie du thé (Cha Do), celle de l'arrangement des fleurs (Ka Do), en fait, une voie pour chaque art ancien.

L'art du combat n'échappe pas à la règle, le (Bu Do) désigne le sentier abrupt des arts martiaux. Ainsi dans les méandres de cette discipline, une faille dans la concentration, un décalage entre l'esprit et le corps ne pardonnent pas et on découvre vite que l'adversaire le plus dangereux n'est pas à chercher ailleurs qu'en soit même.

La voie du combat prend ici tout son sens !

Dojo signifie "le lieu de la voie". On y pratique le Budo.

Lieu noble, respectable et respecté, le Dojo est un endroit dans lequel on vient recevoir un enseignement, s'exercer et se régénérer.

Le Budo tout comme l'art du Taijiquan (Taichi), constitue un art de vivre; le véritable Dojo doit se bâtir avant tout dans son propre coeur.

 

La genèse du Wu-Shu

 

L'origine du Wu-Shu (Arts martiaux chinois), remonterait au 2e millénaire avant J.-C. Des poteries et des fresques datant de cette époque représentent des techniques de combat utilisant pieds et poings. Ce serait les prémisses du Chuan Shu, art du combat à mains nues.

Il semble que le Chuan Shu ait été très tôt une discipline complète comme en témoigne les postures représentées sur certains documents très ancien.

Résultats de recherche d'images pour « ancien document qigong »

On y voit effectivement aussi bien des techniques martiales et thérapeutiques qu'une gestuelle symbolique et sacrées.

 

Le Chuan Shu et le Taoïsme, voie initiatique et philosophique chinoise, sont intimement liés, aussi loin que remontent les faits et les histoires. Nombreuses sont celles qui font remonter la création d'une école de combat à un adepte du Tao que nous verrons plus loin.

L'histoire officielle le confirme puisque les annales conservent le souvenir d'un célèbre médecin taoïste, Hua To (220 av J.-C.),

 

Résultats de recherche d'images pour « hua to »

qui avait créé une méthode fondée sur le comportement de 5 animaux, en relation avec les 5 éléments de la philosophie chinoise.

               

Résultats de recherche d'images pour « 5 animaux »

 

 

 

Mais dans la légende, la plus grande place revient à un moine bouddhiste qui transportait dans sa besace une méthode révolutionnaire.

A l'école de Bodhidharma

 

Damo plus connu sous le nom de Bodhidharma, fut un moine indien qui parcourut la Chine au début du VIe siècle pour y enseigner le bouddhisme. Le courant qu'il initia prit le nom de Chan et devint au Japon le Zen.

Résultats de recherche d'images pour « bodhidharma kung fu »

Après un grand voyage, le moine Zen se fixa au monastère de Shaolin. Il trouva les moines Shoalin en piteux état, affaiblis par des pratiques ascétiques et ayant abandonnés toute pratiques physique.

Afin de rétablir la santé de tous et de rétablir une union harmonieuse entre le corps et l'esprit, Bodhidharma leur enseigna des disciplines martiales qu'il avait perfectionnés

Image associée

Cette méthode complétée par des techniques de Hatha Yoga, prit le nom de "I Chin Ching"

Le monastère de Shaolin devint par la suite la plus célèbre école de Wu-Shu et peu à peu le "Shaolin Pai" (Ecole Shaolin) finit par se populariser et cela s'accentua après la destruction du monastère en 1723

Les arts martiaux chinois portent encore l'empreinte du monastère. Le style de combat le plus répandu en Chine fut et demeure le "Shaolin Pai". Mais difficilement compris par la masse des pratiquants, l'Art dégénéra chez beaucoup en une simple méthode de combat, .utilisant plus la force musculaire que les qualités internes.

Certains pratiquants se tournèrent vers les styles dits "internes", les arts du Nei Chia? mis au point et transmis au sein des cercles très fermés des adeptes taoïstes, ce qui n'est plus le cas de nos jour car ces disciplines ont traversées toutes les frontières mais ne sont malheureusement pas toujours bien enseignées.

Résultats de recherche d'images pour « taichi parc »

 

 

L'art de la main souple

 

La légende affirme que le rénovateur du Chuan Shu, l'art du poing, et l'initiateur des styles internes, aurait un moine taoïste au nom mystérieux de Chang San Feng, le Maitre des Trois Pics.

Certainement héritier d'une tradition millénaire, qu'il aurait reprise et adaptée, ce sage passe pour avoir donné naissance au "Wu Tang Shu", l'art de la main souple, ancêtre présumé du  Tai Ji Chuan.

Traduit généralement par "l'art du poing suprême" ou la "boxe ultime ou supérieur", le Tai Ji Chuan est souvent considéré comme une simple gymnastique de santé qui n'aurait d'interêt que pour les femmes et les plus anciens (voir la dernière ligne du paragraphe précédent). Je peux prouver personnellement que cette discipline peut être appréciée par tous !

Il est certains que les apparences sont trompeuses car dans certains "styles" les mouvements sont exécuté très lentement.

Pourtant plus d'un expert peu témoigner de l'efficacité de cet art, qui est le point de naissance de tant d'autres arts martiaux asiatiques notamment.

Véritable voie de l'alchimie taoïste, le Tai Ji Quan livrerait aux chercheurs patient la clé de la sciences des énergies.

Résultats de recherche d'images pour « fa jing »

 

 

Le second style "interne" est le "Pa Kua Zhang" aussi écrit Ba Gua Zhang. Zhang (paumes) et Pa Kua (huit directions) qui tire son nom des huit trigrammes, les huit éléments primordiaux selon le Yi King (livre des mutations), bible des taoïstes.

Ces huit trigrammes sont souvent représentés autour du cercle qui contient les symboles du Yin (passivité) et du Yang (activité).

Très proche du Taijiquan, la bagua enseigne la science de l'énergie à travers des mouvements circulaires et continus. Le début de l'apprentissage se fais sur un rythme lent et au fil des années il est accéléré  jusqu'à atteindre une étonnante rapidité, rendue possible par le développement de la souplesse et de la fluidité.

Hsing I ou Xing Yi signifie (la forme, l'action de l'esprit). C'est le nom du troisième grand Art interne.
La recherche de l'harmonie du corps et de l'esprit est le même que dans les styles précédents. Seul le travail gestuel diffère. Il repose sur un plus grand usage de mouvements linéaires et discontinus, comme dans le Karaté.

Parallèlement, d'autres styles de l'Art interne se développèrent. Certains ont dégénéré rapidement en méthodes externes dites "dures" ou la force musculaire prime. D'autres se rapprochent des écoles internes. Certains styles aux noms évocateurs, méritent d'être cités:  le style du "Héron blanc", celui de la "Mante religieuse", du "Serpent", du "Singe", des "Serres de l'aigle", du "Printemps radieux", l'art du "Labyrinthe", ou encore de "l'Homme ivre", et j'en oublie. 

On notera que les Chinois ont trouvé une grande inspiration dans l'étude de la nature. Des centaines d'écoles portent le nom de l'animal que les pratiquants prennent comme modèle.

La plupart des styles étudient de toute façon les attitudes et mouvements de différents animaux.

Le modèle idéal est bien sûr le Dragon, qui tient à la fois du Tigre et du Serpent, de la force et de la souplesse, de la fermeté et de la fluidité.  

 

Autre point commun: toutes les écoles utilisent des "Tao" qui, comme les Kata japonais, sont des enchainements de mouvements. Ils constituent non seulement un entrainement pour le combat mais aussi une gestuelle symbolique, un exercice de concentration.

 

Nombreuses et diverses sont les armes utilisées dans les arts martiaux chinois: sabre, épée, éventail, bâton, lance, hallebarde, etc.

 

 

 

 

 

 

 

La plupart des écoles de l'art du poing complètent leur enseignement par le maniement des armes qui sont considérées comme le prolongement du corps.

Si le héros à mains nues demeure le plus populaire en Chine, les Japonais semblent quant à eux lui préférer le maître de sabre, le samouraï.

Le Ken-Jutsu, l'escrime était l'entrainement de base du samouraï qui ne se séparait jamais de son sabre. Prêt à dégainer à tous moments et en toutes positions pour défendre sa vie régulièrement menacée.

Ayant compris qu'il n'était pas indispensable d'effectuer d'exténuants entrainements, le Samouraï perfectionna le "iai" ou iaido, l'art de dégainer pour frapper l'adversaire le plus rapidement possible.

                                                                                 

Au Japon, la sève subtile du Budo n'a pas cessé de nourrir les arts martiaux, et ce sont surtout les Kata qui incarnent le souffle du Budo. Les Kata (formes, moules) sont des enchainements de mouvements codifiés.

A première vue ils servent à assimiler les techniques et leur utilisations dans la perspective du combat.

On leur attribue aussi de nombreux effets bénéfiques pour la coordination physique et respiratoire, le rythme et la concentration. Également riches de symbolisme spirituel, les Kata sont porteurs d'un message codé sur plusieurs niveaux et ils ne révèlent leurs secrets qu'après des années, ou plutôt une vie de pratique intensive.

Il est un art martial japonais dont les principes philosophiques et techniques sont très proche du Taichi (Taijiquan). Il se nommait Aiki-Jutsu, aujourd'hui Aikido "la voie de l'harmonisation des énergies.

Cet art martial ne fut pas populaire au début car enseigné secrètement au sein de famille noble. La famille Takeda en fut l'une des dépositaires et au début du XXe siècle Ueshiba Morihei fut admis à recevoir l'enseignement et créera par la suit l'Aïkido, art de la non violence et dépourvu de toute technique offensive.

IL AVAIT 75 ANS

Des arts de combat à main nue d'origine chinoise se répandirent aussi au Japon, ce sont les Kempo.

Le plus célèbre de ces Kempo, le Karaté, signifie "main vide".

Au XVe, sur l'ile d'Okinawa sous domination chinoise, les armes étaient interdites. Clandestinement un art martial dérivé du Kempo chinois "le Tode ou main de Chine", fut introduit par des moines chinois, comme en témoignent encore certains noms de Kata.

Un Kata provient du "Jion-Ji" un ancien temple bouddhiste; le style Shorin-ryu évoque quand à lui son rattachement au temple Shaolin.

Ce n'est qu'au XXe siècle que Sensei (Le Maître) Funakoshi Gishin l'introduisit dans le reste du Japon et décide d'appeler cet art "Karaté-Do"

Et pour terminer, un grand maitre de taichi

"Lao Shi" Chang Man Ching

A très bientôt

Philippe

 

 

 

Source: Michel Random "Contes et récits des arts martiaux".

            Mes propres connaissances

Published by Philippe - dans Histoire Culture
commenter cet article

Présentation

  • : Association TianTangLong
  • Association TianTangLong
  • : Ce blog s'adresse à toutes celles et tous ceux qui aiment ou souhaitent découvrir les arts énergétiques comme le "Taichi" et le "Qigong" d'une autre façon
  • Contact

Pensées et maximes Taoïstes

"DÉCLINANT LES HONNEURS DANS L'INACTION, ON A L'ÂME EN PAIX. DANS LE SILENCE PUR, LE DIVIN ME PARLE ET APPARAÎT. ". Shangqing Huangting Neijing Jing, texte sacré du taoïsme religieux (VIII e siècle

Liste D'articles