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3 janvier 2019 4 03 /01 /janvier /2019 10:21
Cérémonie du thé ou sublimation du Qi végétal
La maîtrise du thé 功夫茶 Gōngfūchá
 
Le Gōngfūchá est une façon de préparer et de servir le thé en respectant l'ordre des étapes qui en font une science, un art en pleine conscience, mais aussi la tradition qui amène à la richesse intérieur et la spiritualité. Ce rituel provient de la province du Fújiàn 福建 au Sud-est de la Chine.
 

 

 
Préparer le thé:沏茶 Qī chá.
Pour commencer mettre le thé dans la cuillière : (观音入宫 Guānyīn rù gōng ) Guan Yin monte dans la chaise à porteurs .

 

Ensuite mettre le thé dans le bol à couvercle (盖碗 Gàiwǎn) ou théière (茶壶 Cháhú) : le dragon de "couleur" (celle du thé) entre dans le palais.

 

Enfin faire chauffer l'eau : les 7 étoiles s'ouvrent.
Les 7 étoiles, autrement dit la grande ourse, symbolisent la descente du Qi céleste vers la terre
 
Mouiller le thé:泡茶 Pào chá
Rincer les feuilles de thé avec hauteur (悬壶高冲 Xuánhú gāo chōng), afin d'enlever les impuretés et éliminer un maximum de théine.
Enlever les bulles avec le couvercle.
Utiliser cette "infusion" pour réchauffer et imprégner les tasses. vider les tasses les unes dans les autres.
Sentir le couvercle : le vent du printemps souffle sur le visage (春风拂面 Chūnfēng fú miàn).
Enfin remplir d'eau, sans hauteur et de façon à laisser de l'air entre le niveau d'eau et le couvercle, pour infuser le thé pendant le temps requis. enlever les bulles avec le couvercle.
 
Verser le thé:倒茶 Dào chá
Une fois l'infusion terminée, verser le thé à la suite dans toutes les tasses : le seigneur Guan patrouille (关公巡城 Guāngōng xún chéng).
Pour le service avec le Gàiwǎn, l'attraper avec le pouce, l'index et le majeur : les 3 dragons protègent le "ciel".
Ensuite égoutter le bol ou la théière dans chaque tasse : Han Xin compte ses troupes (韩信点兵 Hánxìn diǎn bīng).
sentir le couvercle.

 

On peut aussi utiliser la serveuse (茶海 Chá hǎi) 

 

Savourer le thé:品茶 Pǐn chá
L'action de déguster relève d'un mécanisme complexe qui sollicite tous nos sens : le cœur sent le printemps même en hiver.
 
1  tout d'abord l’ouïe est sollicitée en écoutant les frémissements de l'eau.
2  la tasse de thé implique la vue, première image de ce que nous allons déguster.
3  en humant le contenu, l'odorat forme une image olfactive.
4  le contact des lèvres nous indique la température et la texture de la liqueur.
5  la langue nous renseigne sur les saveurs
 
Le fait d'expirer par le nez avant de déglutir (rétro-olfaction) nous renseigne sur l'arôme.
A partir de ces sensations, le cerveau créé une image unique de la dégustation. Il faut ensuite verbaliser cette image sensorielle et émotionnelle afin de partager ses émotions avec celles des autres. C'est l'occasion de partager son expérience et peut être de percevoir des parfums ou des saveurs non identifiés.
 
A la fin du service, les feuilles sont présentées dans un récipient afin que les convives puissent les examiner. Tout le service à thé doit être lavé dans de l'eau bouillante et sécher naturellement.

Se laisser aller simplement ? Ou en savoir plus (Sources Colours of tea)

Un peu de chimie

Vertus et bienfaits

Les thés blancs

Les Oolong

Thés noirs Thés rouges

Les Pu-Er

Et enfin le plus célèbre des thés noirs chinois

Le Lapsang Souchong est un thé fumé de Chine. Il est considéré comme étant le thé noir le plus bu au monde. Il a gagné en popularité au 17ème et 18ème siècles en Europe, considéré alors comme un thé de luxe en Angleterre mais aussi en France.

Le Lapsang Souchong a été inventé lors de la dynastie Qing en Chine après que des soldats eussent attaqués une usine de thé de Xingun. Lorsqu’il quittèrent enfin les lieux, les ouvriers de l’usine ont alors dû faire sécher leur thé dans un temps record afin de ne pas perdre la récolte. En désespoir de cause, ils allumèrent des feux de pin sous les feuilles de thé pour accélérer son séchage… ainsi naquit le Lapsang Souchong.

Le Lapsang Souchong originel pousse à Tongmu dans les monts Wuyi. Cette réserve naturelle est considérée par les historiens du thé chinois comme le lieu de naissance du Lapsang Souchong, soit une zone d’à peine 50 Km2. Il est aujourd’hui produit dans tout le Fujian.

La saveur de ce thé est généralement qualifiée de « fumée » ou « boisée », par analogie avec certains vins.

Comment est fabriqué le Lapsang Souchong
Il existe différentes méthodes de fabrication du Lapsang Souchong. Elles ont toutes en commun les étapes suivantes :

1- les feuilles fraichement récoltées sont séchées, soit à l’air libre soit à un certain niveau au dessus d’un feu de pin
2- elles sont ensuite roulées manuellement ou avec une machine (qui ressemble à un gros tampon encreur et qui décrit des cercles réguliers)
3- l’oxydation est alors stoppée par l’exposition des feuilles roulées – placées dans des paniers de bambou – sous un feu de pin (épicéa, cèdre le plus souvent, parfois de cyprès) jusqu’à atteindre un taux d’humidité de 5%.

La fumée de pin contient de l’essence d’ambre qui est absorbée par le Lapsang Souchong et lui confère son goût typique.

Le processus complet dure de 8 à 10 heures. Comparé aux autres thés noirs, la période d’oxydation du Lapsang Souchong est relativement longue.

 

                                                                                                          Bonne dégustation !

 

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Pensées et maximes Taoïstes

Que l'homme se garde d'user ce que la nature lui à donné par un usage immodéré excessif

Tchouang Tseu, 2e grand penseur Taoïste, IV siècle av J.-C.